Bleu d’Acier

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Titre : Bleu d’Acier

Type : Roman tome unique

Genre : Anticipation poétique 

Public : Adulte 

Pitch : Dans une mégalopole saturée par une population toujours croissante, un jeune homme s’éveille après douze années de coma, une adolescente apprend à piloter d’extraordinaires machines volantes, un petit garçon sombre dans la tristesse. Leurs destins sont irrévocablement liés.

État de progression : Premier jet en cours d’écriture.

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Résumé :  Depuis que les terres polluées sont devenues invivables, Extralopolis déploie ses édifices de mille étages vers le ciel. Les astronomes de la Tour Feral ont le regard rivé aux étoiles et la Taxe sur l’Eau de Pluie augmente tous les ans. De la Frange aux Verrières Célestes s’empilent les tranches d’horizontalité urbaines, certaines où il fait bon vivre et d’autres, un peu moins.

Lorsque Sandrian se réveille dans une clinique luxueuse du cent trente-troisième étage, il ne se souvient de rien. Il a passé douze années dans le coma. La ville d’Extralopolis le fascine autant qu’elle le déroute et Sandrian se pose bien des questions. Il obtiendra des réponses s’il accepte de travailler pour le Commissaire de l’Eau, Magnus Feral. Seulement personne ne connait les intentions véritables de cet homme et les rumeurs sont légions.

Katsuki a été recrutée par l’Académie d’Entropia. Elle y étudie le pilotage des Moineaux, des machines d’une rare complexité qui requièrent des réflexes fulgurants. Et elle est douée, vraiment très douée.

Au huit-cent-vingt-troisième étage, un petit garçon contemple les lumières nocturnes d’Extralopolis. Il n’attend déjà plus rien de la vie.

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            Le bruit familier de la clé dans la serrure le tira de sa somnolence.
            Ses parents étaient rentrés : Lyria et ses yeux fatigués, son sourire tendre, ses mains asséchées par la céramique ; Nobu qui avait tant vieilli depuis qu’ils habitaient dans cet appartement au huit-cent-vingt-troisième étage. Ils y avaient emménagé l’année de ses cinq ans. Avant, ils vivaient plus bas. Ils avaient deux chambres, un balcon et des fleurs en pots. Avant, on pouvait ouvrir la fenêtre et sentir l’air froid sur son visage. Nobu jouait de la mandoline et Lyria rentrait au coucher du soleil. Mais les prix avaient grimpé. L’espace habitable rétrécissait comme peau de chagrin, avait coutume de répéter Nobu qui avait toujours aimé Balzac.
            Blotti contre la vitre froide, il les contemplait comme les astronomes contemplent la voûte céleste : ils étaient tout pour lui. Sans eux, il ne survivrait pas. Sans eux, il n’y aurait aucun espoir au bout de ses journées. Sans eux, il s’abandonnerait aux effluves toxiques, il s’évaderait dans l’oubli. Mais sans lui, ils seraient encore libres.
            Pour échapper à l’acuité de son regard, Lyria le rejoignit sur son perchoir. Elle caressa ses cheveux bruns du bout des doigts, attentive à se montrer délicate. Il était tellement sensible. Le moindre effleurement se répercutait dans chaque parcelle de son organisme. Les odeurs l’étouffaient, les sons l’abrutissaient ou le terrifiaient, les couleurs criardes des pancartes lumineuses le rendaient fébrile. Et la foule, la multitude aux milliers de pattes qui se pressait sur les passerelles d’Extralopolis, la foule qui bruissait de cris et de chuchotements, de parfums et de regards en biais, la foule faisait battre son cœur jusqu’à l’évanouissement.
            Rien n’était pour lui dans ce monde et pourtant, comme le lui rappelait Lyria dans le creux de l’oreille, ils y retourneraient demain. Demain, il devrait affronter le Marché des Trouvailles, il rencontrerait cette Madame Voile qui s’y connaissait, disait-on, en petits garçons comme lui.
            Demain, il mourrait un peu et cette nuit, il ne dormirait pas.

Bleu d’Acier, Siècle Vaëlban